W. Mouawad, Incendies

L’auteur

Wadji Mouawad est né  au Liban en 1968 mais les conflits  entre communautés poussent ses parents à l’exil.  Il a alors huit ans. Il vivra d’abord à Paris. Mais, en 1983,  la France refuse de prolonger  leur  et la famille s’installe à Montréal.

Diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada, Wajdi Mouawad est cofondateur d’une première compagnie Théâtre Ô Parleur.

Après avoir monté les textes de plusieurs auteurs (Shakespeare, Euripide, Sophocle, Pirandello, Tchekhov…), il publie en 1996 sa première pièce :  Il en a depuis écrit une dizaine  qu’il met pour la plupart en scène .

Willy Protagoras enfermé dans les toilettes  fut élue meilleure production à Montréal, en 1998.

Un extrait de Willy Protagoras par l’option théâtre du Lycée Célony (2018)

 

 Le théâtre de W. Mouawad s’adresse à tous. Les trois premiers volets de la tétralogie du Sang des promesses*,  (notamment jouée au Festival d’Avignon en 2009) a montré que ce théâtre pose des questions essentielles,   : comment trouver sa place dans le monde ? Comment construire son identité par rapport à une histoire familiale  imprégnée des catastrophes de l’Histoire ? Comment supporter les horreurs du monde, ses injustices et son inhumanité ?

Ainsi, sans se revendiquer comme un théâtre “engagé”, l’oeuvre de Mouawad interroge le monde et le rapport que nous entretenons avec lui et avec les autres. 

La violence du monde est là, mais sa beauté aussi.  

 W. Mouawad  a reçu plusieurs prix en France (Molière, prix de l’Académie Française) et à l’étranger.  Il est aujourd’hui un dramaturge reconnu, joué sur toutes les grandes scènes.

L’écriture de Mouawad met en jeu des situations extrêmes qui provoquent des des réactions émotionnelles fortes dans lesquelles on  trouve trace des schémas  mythiques et   le plaisir de la fable et des retournements complets de situation.

 Wajdi Mouawad se réclame des Grecs, et en particulier de Sophocle. En même temps,  son théâtre  et la construction de ses pièces doit notamment beaucoup au cinéma. Ses pièces invite le lecteur / spectateur à examiner sa position d’être humain et de citoyen face aux horreurs de la guerre et à la barbarie contemporaine.  

« LE SANG DES PROMESSES », UNE TETRALOGIE  DE WAJDI MOUAWAD

Littoral :

Un homme veut enterrer son père. Il est suivi par le fantôme de celui-ci, mais aussi par un chevalier en armure et une équipe de cinéma. Il rencontrera plusieurs personnages dans un pays en guerre, dont une femme qui transporte des annuaires. Derrière ce kamoulox géant se cache une très belle histoire.

 


 Incendies :

Après la mort de leur mère, Jeanne et Simon, deux jumeaux, se retrouvent chez le notaire, qui leur remet deux lettres écrites par leur mère. L’une d’elle est à remettre à leur père, qu’ils croyaient mort depuis longtemps, et l’autre est à remettre à leur frère, dont ils ignoraient l’existence. Absolument bouleversant.


 Forêts :

Une femme est prise de crises d’épilepsie qui la font délirer et vivre des événements d’un passé très lointain. Ces crises sont causées par un mal mystérieux, et sa fille, accompagnée d’un paléontologue, mène l’enquête. Très déroutant et très émouvant.

 

 

 


Ciels :

Une cellule antiterroriste se sert d’un système d’écoutes téléphoniques à grande échelle pour déjouer un mystérieux projet d’attentats. Alors que l’un de ses membres semblait sur le point d’empêcher cet attentat, il se suicide, laissant des messages cryptés. Il y sera aussi question de poésie, de mathématiques et d’un tableau du Tintoret… Une pièce à la fois un peu à part et pourtant essentielle à l’ensemble.

 

INCENDIES

Le contexte

La guerre du Liban est une guerre civile ponctuée d’interventions étrangères qui s’est déroulée de 1975 à 1990 en faisant entre 130 000 et 250 000 victimes civiles.

Les sources

En 2011, Wadji Mouawad rencontre la photographe québécoise Josée Lambert, qui a réalisé de nombreux reportages photos sur les détenus du sud-Liban, et notamment de la prison Khiam, et qui a recueilli les témoignages des familles et des détenus, sur les difficiles conditions de détention des prisonniers.

C’est également elle qui a rencontré pour la première fois Najat Bechara, la mère de Souha Bechara, rendant visite à sa fille alors encore prisonnière, lors d’un voyage au Sud-Liban en 1995.

 

Il rencontre Souha Bechara, militante libanaise pendant la guerre civile qui a tenté, en 1988, d’assassiner Antoine Lahad, chef des milices chrétiennes du Sud-Liban. Souha Bechara fut alors incarcérée pendant dix années dans  une prison clandestine du Sud-Liban placée sous le commandement des milices chrétiennes de l’ALS (Armée du Liban-Sud). Nommée Khiam, ce lieu est chargé de mémoire et rencontre l’histoire des atrocités de la guerre. Le témoignage et le parcours de cette femme (qui a été libérée en 1998) ont beaucoup touché et inspiré Wajdi Mouawad. Il la rencontre dans un petit appartement parisien en 2001. Une rencontre marquante qui ranimera en lui un sentiment de culpabilité de n’avoir pas vécu la guerre et d’en ignorer un pan entier.

INCENDIES

Ecoutez la lecture intégrale de la pièce

« Tard dans la soirée, dans la joie de cet instant passé ensemble, Wajdi Mouawad et Souha Bechara quittent l’appartement de Randa Chahal Sabbag pour prendre le métro. Pendant qu’ils attendent sur le quai, ils découvrent qu’ils ont habité le même quartier à Beyrouth. Étrange chemin : nés voisins, séparés par la guerre, pour se retrouver sur le même quai de métro. Il décide alors de lui poser trois questions. Il lui demande ce qu’elle chantait en prison : tout ce qui me passait par la tête, dit-elle, ABBA, par exemple. Il lui demande si elle n’a pas été déçue de ne pas avoir tué Antoine Lahad ; elle répond que cela n’avait au fond aucune importance, ce qui comptait était que tous sachent qu’il pouvait être atteint. Il lui demande alors pourquoi elle a tiré deux balles et non pas une ou le chargeur entier ; elle lui explique que l’une était pour les Libanais, l’autre pour les Palestiniens. »

 

Postface de Charlotte Farcet décrivant la rencontre entre Wajdi Mouawad et Souha Bechara.

« Incendies n’est pas une pièce sur la guerre, à proprement parler. C’est une pièce sur les promesses qu’on ne tient pas, sur les tentatives désespérées de consolation, (…) sur la façon de rester humain dans un contexte inhumain. » (…)

Alors, ce qui me ferait battre le cœur c’est de savoir que ce spectacle restera, à travers vos yeux, ancré avant tout dans la poésie, détaché de toute situation politique, mais ancré dans la politique de la douleur humaine, cette poésie intime qui nous unit. (…)

Wajdi Mouawad

Argument de la pièce :

Celui qui tente de trouver son origine est comme ce marcheur au milieu du désert qui espère trouver, derrière chaque dune, une ville. Mais chaque dune en cache une autre et la fuite est sans issue. Raconter une histoire nous impose donc de choisir un début. Et nous, notre début, c’est peut-être la mort de cette femme qui, il y a longtemps déjà, a décidé de se taire et n’a plus jamais rien dit. Cette femme s’appelle Nawal et elle sera enterrée bientôt. Notre histoire commence peut-être par ses dernières volontés, adressées à Jeanne et Simon, ses enfants jumeaux. Mais peut-être notre début c’est cette jeune fille qui, à peine sortie de l’enfance, vient de tomber la tête la première dans sa vraie vie et porte en elle un amour adolescent et un enfant. Cette très jeune fille s’appelle Nawal. Peut-être que c’est là que notre histoire commence, juste avant que sa vie ne se brise. Et INCENDIES serait alors l’histoire de Nawal et d’un acharnement à lire, écrire et penser pour donner un sens à ce qui la dépasse. Peut-être notre histoire commence-t-elle par un territoire déchiré par une guerre civile et occupé par une armée ennemie. INCENDIES serait alors l’histoire d’une résistance. INCENDIES suit en parallèle chacune de ces trois histoires qui sont intimement liées car chacune trouve sa source dans l’autre. Incendies est alors l’histoire de trois histoires qui cherchent leur début, de trois destins qui cherchent leur origine pour tenter de résoudre l’équation de leur existence et tenter de trouver, derrière la dune la plus sombre, la source de beauté.

Wajdi Mouawad

Résumé de la pièce par W. Mouawad

Une partie de l’histoire se déroule au Québec, l’autre au Liban. A la mort de leur  mère Nawal, les jumeaux Simon et Jeanne, se voient remettre chacun une lettre : l’une  est destinée à leur père qu’ils pensaient mort, l’autre à leur frère dont ils ignoraient  l’existence.  Nawal leur confie la mission de les retrouver afin de leur remettre ces  lettres. Malgré les incitations du notaire Hermile Lebel, exécuteur testamentaire et ami  de Nawal, les deux jeunes gens refusent tout d’abord de réaliser les dernières volontés  de cette mère si peu aimante et qui s’était emmurée dans un silence inexpliqué dans  ses dernières années d’existence. Puis Jeanne, la première, accepte la mission : la quête  de ses origines fait alors resurgir le passé de sorte que plusieurs strates temporelles  s’entremêlent au sein de la pièce, révélant petit à petit l’histoire de Nawal. Cette  dernière a principalement vécu dans un pays (que l’on suppose être le Liban), on la voit tout d’abord jeune  fille, forcée  d’abandonner son fils né de son idylle avec Wahab, réfugié palestinien d’un camp  voisin ; puis, une fois adulte, résistante durant la guerre civile, aux côtés de  son amie Sawda ( la femme qui chante), combattant la milice chrétienne qui opprime  les réfugiés  palestiniens. Ayant assassiné le chef des milices chrétiennes, Nawal est enfermée à la  célèbre prison de Kfar Rayat et devient alors elle-même la légendaire « femme qui chante », celle  qui chante tandis que les autres se font torturer. Allant jusqu’au Liban pour mener leur  enquête, Jeanne, rejointe ensuite par Simon, découvre qu’à Kfar Rayat Nawal a été  victime de nombreuses tortures et de viols de la part d’un certain Abou Tarek, et  qu’elle et son frère sont en réalité issus de l’un de ces viols. Enfants d’un bourreau, la  vérité se fait plus terrible encore lorsque les deux jeunes gens découvrent que leur  frère (Nihad), fruit de l’union de Nawal et Wahab, est un franc – tireur impitoyable devenu  ensuite bourreau à la prison de Kfar Rayat, prenant alors le nom d’Abou Tarek… Nawal s’est rendu compte de l’identité de son fils, au procès de celui-ci lorsqu’il a parlé du nez de clown, laissé dans ses couches, seul signe de sa mère. Nawal s’est alors muré dans le silence. Jeanne  et Simon s’acquittent alors de leur tâche, remettent les lettres destinées au père et au  frère, qui ne sont qu’une et même personne, avant de recevoir une dernière lettre de  la part de leur mère, celle qui permet la consolation et la réconciliation.    La pièce est constituée en 39 tableaux, répartis en 4 parties portant chacune un titre avec le mot Incendie :   Incendie de Nawal,  Incendie de l’enfance,  Incendie de Jannaane,  Incendie de Sarwane …

 Jannaane et Sarwane étant les noms arabes  de Jeanne et Simon.    

1.1.1      Personnages :

  • Nawal : Nous la rencontrons à des âges différents : 14 à 19 ans / 40 et 45 ans / 60 et 65 ans. Mère de Nihad, de Jeanne et Simon.   La femme qui chante
  • Hermine Lebel : Le notaire. : Hermile Lebel s’avère plus complexe que sa fonction stéréotypée de notaire le laisserait présager : savait-il tout dès le début ? C’est l’hypothèse choisie par Denis Villeneuve dans son adaptation cinématographique.
  • Nihad Harmanni/ Abou Tarek : Le fils de nawal, le père de Jeanne et Simon, le bourreau qui a violé sa propre mère… dans Incendies, parce que Nihad n’a pas reconnu sa mère et a eu d’elle des enfants, il peut nous faire penser à Œdipe. Simon et Jeanne ont été exposés à la mort à la naissance, ce qui les rapproche du destin exceptionnel des héros (Moïse, les jumeaux Romulus et Remus…).
  • Jihane : La mère de Nawal    
  • Wahab : L’amour de jeunesse de Nawal
  • Jeanne (Jannaane)
  • Simon (Sarwane)
  • Elhame:  prendra l’enfant de Nawal et Wahab et le donnera.
  • Nazira : la grand-mère de Nawal
  • Antoine Duchamp:   infirmier jusqu’à la mort de Nawal.
  • Sawda, une réfugiée vivant dans son village natal, amie de Nawal. le personnage de Sawda a la fonction d’une confidente ; double en quelque sorte de Nawal, elle se met grâce à elle à lire, parler et penser, tandis qu’elle lui apprend en retour à chanter. Elle perd sa caractérisation de « femme qui chante » en perdant Nawal en même temps que sa vie. Au final, elle ne paraît pas dotée d’une quête qui lui soit propre et qui ferait d’elle un sujet de l’action.
  • Chamseddine : chef spirituel de la résistance. le personnage de Chamseddine a au moins deux facettes : le chef de guerre impitoyable et l’homme qui tient ses promesses en aidant Nawal et ses enfants.
  • Abdessamad Darazia, l’homme qui connaît toutes les histoires.
  • Fahim : l’ancien gardien de la prison devenu le concierge de l’école.
  • Malak : le paysan qui remet à Nawal ses deux enfants, il lui révèle son identité première 

 

Structure

on passe  très rapidement d’un lieu à un autre, d’un temps à  un autre.

Des personnages de deux  époques différentes peuvent se croiser dans une scène et se parler. Le fil conducteur  étant la quête de Jeanne et Simon, accompagné du notaire. Le temps « réel » est celui- ci, mais il y a de nombreux retours dans le temps.  Le lecteur va savoir ou deviner des  choses avant Jeanne et Simon.  

La structure est découpée (dans la version de 2009) en quatre parties assez équilibrées en nombre de pages et de scènes et intitulées

  • « Incendie de Nawal »,
  • « Incendie de l’enfance »,
  • « Incendie de Jannaane »
  •  « Incendie de Sarwane ».

Chaque personnage passe par l’épreuve du feu, ce qui crée vide et silence en lui. À ce parcours des trois protagonistes de la pièce s’ajoute l’enfance, ici personnifiée. « Incendie de l’enfance » culmine avec l’incendie du bus et l’image d’un enfant brûlé vif sous les yeux de Nawal.

 

Les titres des scènes ou séquences de chaque partie peuvent :

 

  • En résumer le thème ou l’enjeu (« 2. Dernières volontés »)
  • Désigner un lieu ou un espace (explicitement : «24.KfarRayat»,«32.Désert» ou de manière métonymique et insolite : « 19. Les pelouses de banlieue ») ou encore un personnage, par son prénom (« 34. Chamseddine »), sa fonction (« 1. Notaire ») ou par une périphrase caractérisante (« 31. L’homme qui joue »).
  • Renvoyer à un objet ou une action liés à la quête (« 16. Par où commencer », « 18. Photographie et autobus du Sud », « 26. La veste en toile verte », « 36. Lettre au père », « 37. Lettre au fils », « 38. Lettre aux jumeaux »).
  • Certains titres sont plus métaphoriques : « 20. Le cœur même du polygone », « 21. La guerre de cent ans », « 23. La vie est autour du couteau » (quand Sawda tue un homme pour la première fois), « 35. La voix des siècles anciens », « 30. Les loups rouges » (évoque une peur d’enfance, image présente aussi dans la pièce Un obus dans le cœur http://www.catherinecohen.com/telechargements/obus-texte.pdf
  • ).
  • Ou une révélation (« 29. La parole de Nawal ») ou souli- gnent même la dimension initiatique de l’épisode (« 28. Les noms véritables », « 35. La voix des siècles anciens »). Ce sont toujours des titres programmatiques.

 

La numérotation continue des scènes de 1 à 38 marque bien l’idée d’une seule action d’une partie à l’autre de la pièce. Elle place aussi l’épisode de l’incendie du bus au centre de l’œuvre, comme un point de bascule pour Nawal, mais aussi pour Jeanne qui, en entendant ce récit de la bouche d’Hermile, décide de partir dans le pays natal de sa mère pour en savoir plus sur elle.

Le temps dans Incendies

 Impression d’éclatement qui s’impose d’abord, puisque le texte nous fait passer d’un espace-temps à l’autre par le biais d’allers-retours entre la quête des jumeaux et les épisodes de la vie de Nawal.

 

Cependant, ces épisodes nous sont donnés de manière chronologique :

le premier retour dans le passé nous ramène au temps des amours de Nawal, à 14 ans, avec Wahab (« 5. Ce qui est là »).

Puis nous assistons à la séparation, à l’accouchement, au départ du village, au retour au village pour y graver l’épitaphe de sa grand-mère et la rencontre avec Sawda ;

le fil des années se déroule ainsi jusqu’au témoignage de Nawal, à 60 ans, au procès d’Abou Tarek.

 

En ce qui concerne les jumeaux, nous suivons la chronologie de leur enquête, avec un départ du Québec et un retour dans ce même pays (la pièce commence devant le bureau d’Hermile Lebel et y revient).

Entre-temps, croyant suivre le fil de la vie de Nawal, c’est le leur qu’ils remontent en arrivant au jour de leur naissance et en découvrant l’identité de leur père. La pièce se construit donc autour d’entrecroisements temporels qui segmentent l’action.

 

Mise en scène de Stanislas Nordey : un monde présent en blanc; un monde passé en noir

1938 : Naissance de Nawal Marwan au Liban.

1952 : Nawal (14 ans) est enceinte. (p. 22)

1953 : Naissance du fils de Nawal et Wahab.

1954 : Mort de Nazira, la grand-mère de Nawal. Départ de Nawal (16 ans) pour apprendre à lire et à écrire.

 (p. 28)

1957 : Nawal (19 ans) revient dans son village pour écrire le nom de sa grand-mère sur la tombe. Rencontre avec Sawda. Départ vers le sud. (p. 33-34)

1978 Massacres dans les camps de réfugiés. Meurtre du chef des miliciens Chad, assassiné par Sawda (40 ans). (cf. projet des deux femmes p. 60-61) Emprisonnement à Kfar Rayat.

Nihad Harmanni devient Abou Tarek. (p. 84)

1983 Sortie de prison de Nawal qui retrouve à Kisserwan ses deux bébés nés en prison. (p. 66)

1993 Début des procès. (mentionné par Simon p. 17)

1998 Témoignage de Nawal (60 ans) devant les juges. (p. 68)

2003 Mort de Nawal à Montréal (65 ans)