Entrainement COMMENTAIRE E.A.F (Argumentation)

 Commentaire littéraire du texte de Fontenelle, La Dent d’or (1686)  

Outils en téléchargement

  • Rappel méthodologique du commentaire
  • Tableau d’aide au commentaire
  • Correction du commentaire
  • Fiche d’auto évaluation sur le commentaire

 

Votre commentaire doit être construit comme suit :

Dans l’idéal :

  • 10% de lignes pour l’intro
  • 80% de lignes pour le développement (en 2 ou 3 parties à peu près égales)
  • 10% pour la conclusion

Introduction

 a)Présenter le texte (auteur, son oeuvre et mouvement  littéraire du texte)

b)Donner   le titre de l’œuvre (souligné) et du texte entre guillemets. Présenter l’histoire (résumé) en 2 ou 3 lignes

c) situer le texte (à l’aide du paratexte = ce qui est écrit en haut du texte en italique)

d) problématique explicite : sur quoi allez vous réfléchir ?

e) annonce du plan : Au bac en technologique on vous donne les axes. Utilisez-les !

Développement

Présentation sur la page (typographie) :

  • Sauter 2 lignes entre introduction et développement
  • Sauter 1 ligne entre chaque sous-partie
  • Alinéa en début de paragraphe
  • Commencer chaque partie (I et II) en annoncant le thème de la partie
  • Vos arguments (c’est à dire l’idée que vous défendez à propos du texte doit toujours être accompagnée de citations provenant du texte.   C’est la preuve que vous avez pour vous justifier!!! Ne vous contentez pas de N° de ligne   . JE VEUX des citations du texte qui arrivent avec logique dans vos phrases pour prouver ce que vous dites sur le texte.    

 

  • Entre chaque partie et chaque sous-partie, faites une transition (c’est à-dire une phrase qui reprend très brièvement l’essentiel de ce que vous venez de dire et qui annonce ce que vous allez dire)

Ne séparez jamais le fond (les idées) de la forme (le style, la manière dont les idées sont dites : figures de style, négation, champ lexical…)

 

 Dans un commentaire, on analyse la forme pour comprendre le sens (ou l’inverse) mais on ne sépare pas l’un de l’autre. C’est à dire qu’il ne sert à rien de relever le champ lexical de la pluie si vous ne pouvez pas dire pourquoi il y en a un et à quoi il sert dans le texte….

 

Conclusion

  • Récapituler vos 2 (ou 3) grandes parties : une ou deux phrases par partie.
  • Ouverture : Terminez votre devoir avec un autre texte en similitude (un autre texte du corpus par exemple) ou la citation (qui a un rapport avec le devoir !) d’un auteur…/Ou si vous n’avez vraiment rien d’autre, une considération personnelle sur le texte si elle est réfléchie !

SUJET :

Vous ferez le commentaire littéraire du texte ci-dessous en vous aidant des axes suivants :

  1. Un apologue au service de la raison
  2.  Une satire des faux savants

Le texte

Le texte :

 

Fontenelle, La dent d’orHistoire des Oracles, 1686

  Assurons-nous bien du fait avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait ; mais enfin nous éviterons le ridicule d’avoir trouvé la cause de ce qui n’est point.
  Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passé à quelques savants d’Allemagne que je ne puis m’empêcher d’en parler ici.

  En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d’or à la place d’une de ses grosses dents. Horstius, professeur en médecine dans l’université de Helmstadt, écrivit en 1595 l’histoire de cette dent, et prétendit qu’elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu’elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant, pour consoler les chrétiens affligés par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux chrétiens ni au Turcs. En la même année, afin que cette dent d’or ne manquât pas d’historiens, Rullandus en écrit encore l’histoire. Deux ans après, Ingolsteterus, autre savant, écrit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d’or, et Rullandus fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme, nommé Libavius, ramasse tout ce qui avait été dit de la dent, et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent, avec beaucoup d’adresse ; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre.


Rien n’est plus naturel que d’en faire autant sur toutes sortes de matières. Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que, non seulement nous n’avons pas les principes qui mènent au vrai, mais que nous en avons d’autres qui s’accommodent très bien avec le faux.