Maurizio Cattelan, Him

Him : La banalité du mal/ La naissance du mal : Britannicus / Caligula/ /Ubu/ Rhinocéros

 

Maurizio Cattelan, est un artiste italien contemporain provocateur. Him est une statue en cire d’A. Hitler que le visiteur de l’exposition découvre d’abord de dos et qu’il lui faut contourner pour reconnaitre le dictateur. L’oeuvre donne une impression de très forte réalité. Mais Hitler est représenté avec un corps d’enfant et il est à genoux, en prière.

Impressions premières.

  • Position /Attitude :
    Agenouillé, le regard vers le ciel, les mains jointes
  • Tenue
    Costume gris d’écolier. On l’imaginerait presque en culotte courte.
  • Impression qui s’en dégage
    Malaise du spectateur qui se trouve face à un monstre vulnérable, trop humain pour ne pas déranger.
    Hitler apparait comme un homme, de surcroit avec un corps d’enfant. Il parait presque vulnérable alors qu’il est la figure la plus monstrueuse de l’Histoire.
    De plus, il est à genoux ce qui place le spectateur dans une position dominante inhabituelle.
    L’effet de surprise est double : choc de se retrouver face à ce visage symbolisant le Mal ; incompréhension de voir l’un des symboles du mal en train de prier.
    Cet effet de surprise est encore renforcé par les moyens plastiques mis en œuvre ici : sculpture en cire hyperréaliste (c.f : Duane Hanson), qui reproduit avec une grande exactitude la peau humaine, les cheveux, les sourcils…

Avec cette œuvre, M. Cattelan semble mettre le spectateur en garde contre toutes les idéologies susceptibles d’asservir l’être humain (ici, la politique et le religieux sont mêlés, non pas pour critiquer bêtement la politique et la religion, mais pour montrer que, lorsqu’ils sont instrumentalisés, ces deux moyens qu’a l’être humain de s’élever et de mieux vivre avec lui- même et les autres peuvent devenir des outils de propagande).

En réduisant Hitler à l’image d’un homme comme les autres, Catellan nous renvoie à cette évidence qu’on oublie parfois, c’est qu’avant d’être le monstre sanguinaire du XXème siècle, Hitler est simplement un homme.
Nous sommes donc renvoyés du même coup à notre propre aptitude au mal, à la folie humaine toujours d’actualité…

Cette œuvre nous rappelle que la figure du mal n’est pas forcément reconnaissable, et qu’elle peut se cacher en chacun de nous.

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Parallèle avec F. Goya, Cronos (ou Saturne) dévorant ses enfants (entre 1819 et1823)