Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857 et Le Spleen de Paris

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Baudelaire et …l’entretien oral

 

 

L’EPOQUE

Le XIX° siècle Histoire, politique et arts…

L'OEUVRE

Le XIX°

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Lectures cursives

Le XIX°

Lectures cursives de l'objet d'étude Poésie et quête du sens

Spleen de Paris, Fleurs du Mal , Fernando Pessoa, Henri Michaux
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DELACROIX (Histoire des arts)

XIX°

DELACROIX & BAUDELAIRE

Analyse de La Mort de Sardanapale
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L'AUTEUR

Charles Baudelaire

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Lectures analytiques

Charles Baudelaire

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L’AUTEUR

L’OEUVRE

Son œuvre poétique est une révolution.

1857, année des Fleurs du Mal inaugure une époque : la nôtre

Tout ce qui compte partira de lui :

  • Les premiers poèmes de Mallarmé sont baudelairiens
  • Rimbaud le salue comme le premier et le seul « voyant »
  • Les symbolistes le désigne comme le véritable précurseur
  • Verlaine voit en lui le 1er des« poètes maudits».

Il annonce même ce qui succèdera au symbolisme. Ainsi avec Tableaux parisiens (et des poèmes en prose) Baudelaire influence la réaction réaliste et moderniste contre le symbolisme.

  • Le surréalisme se réclamera de Baudelaire

En 1955, Yves Bonnefoy, grand poète contemporain écrit dans sa préface aux Fleurs du mal : « Voici le maitre livre de notre poésie ».

Frontispice de la première édition des Fleurs du mal annotée par Baudelaire.

Genèse des Fleurs du Mal 

Le recueil Les Fleurs du Mal paraît dans un contexte littéraire où se côtoient la poésie romantique, la poésie parnassienne et le roman réaliste.

Baudelaire est inclassable…

Romantique par le satanisme, la complaisance dans le mal et dans ce que Hugo appelait « le rayon macabre ». Mais plutôt parnassien par sa prosodie ( la forme de ses poèmes)

Dans les Fleurs du Mal, pas de poèmes historiques, de légendes, de poèmes politiques, peu de description…Mais tout y est charme, musique, sensualité abstraite.

Les Fleurs du Mal forment un recueil lyrique mais avec une “impersonnalité volontaire” des poèmes. D’aurevilly dira des Fleurs du Mal  que c’est “un drame anonyme dont il est l’acteur universel”

Baudelaire renouvelle le lyrisme par l’universalité, la théâtralité.

Le poète est un “je” multiple (voir Pessoa) qui éclatent en différentes voix. Ainsi il fait parler la Beauté, la pipe du poète, un crane, le vin…(= Prosopopée)

 

LE TITRE

Le titre est fondé sur un oxymore:

Fleurs : connote l’idée de beauté

Mal : idée de souffrance, de douleur, de pêché.

Mais la préposition « de » indique lien de dépendance entre ces deux termes : Les fleurs sortent du mal : les fleurs sont la beauté que l’on extrait du mal.

 

Entre Spleen et Idéal

Les Fleurs du Mal (1857) sont dédiés à Théophile Gautier, un parnassien. Pourtant Baudelaire dans son œuvre dépasse la volonté parnassienne d’un « pur formalisme » (pour les parnassiens, partisans de l’art pour l’art, la poésie repose exclusivement sur le travail de la forme. Le poète parnassien est un artisan dont la matière première est le langage)

Il y a bien une recherche esthétique chez Baudelaire mais elle ne tue pas l’émotion.

 

Le poète des fleurs du mal est tiraillé entre Spleen et Idéal.

Le Spleen, c’est l’Ennui. Un Ennui métaphysique. Celui qui est personnifié dans le poème « Au lecteur » qui sert de préface.

  « Au Lecteur »

 

Dans « Au Lecteur », poème liminaire du recueil qui fait usage de préface, le poète se désigne comme une victime de Satan et  de l’Ennui ( ou Spleen = état de dépression physique, morale et intellectuelle qui finit par étouffer      toute possibilité de création) .

 

(…)Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,

Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,

Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,

Dans la ménagerie infâme de nos vices,

 

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !

Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,

Il ferait volontiers de la terre un débris

Et dans un bâillement avalerait le monde ;

 

C’est l’Ennui ! – l’oeil chargé d’un pleur involontaire,

Il rêve d’échafauds en fumant son houka.

Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,

– Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère !

L’opération poétique permet de transfigurer le mal et la laideur en beauté. Processus alchimique (métaux en or) “j’ai pris ta boue et j’en ai fait de l’or” lié à la capacité du poète à accéder au symbole, à être un “traducteur” du monde.

En définitive le recueil manifeste la tentative de s’extraire du spleen pour trouver le beau ou l’Idéal. L’art, (la poésie) représente cette possibilité alchimique

 

Le spleen c’est l’angoisse face à cet Ennui, au temps, à la solitude, l’impossibilité à trouver un sens….

Baudelaire dans une lettre à sa mère de 1857, définit ainsi le spleen : « ce que je sens, c’est un immense découragement, une sensation d’isolement insupportable, une peur perpétuelle d’un malheur vrai, une défiance complète de mes forces, une absence totale de désir, une impossibilité de trouver un amusement quelconque… Je me demande sans cesse à quoi bon ceci ? À quoi bon cela ? C’est là le véritable esprit de spleen… »

L’Idéal c’est la capacité à sentir la Beauté et comprendre le monde invisible des choses spirituelles dont le monde visible n’est que le reflet (caverne de Platon).

On retrouve ici la vision platonicienne et l’opposition au monde sensible/monde intelligible.

 

Baudelaire reprend en cela les idées du philosophe grec Platon : cf. le mythe de la caverne), les apparences du monde sensible, autrement dit la réalité qui nous entoure, ne seraient que le reflet, la pâle copie d’un monde invisible qui nous est inaccessible, une sorte d’au-delà idéal, où tout atteindrait sa perfection, sa parfaite essence : beauté, amour…

Le terme d’Idéal désigne donc ce monde invisible, inaccessible certes, mais que le poète est parfois capable d’entrevoir, dans les méandres de sa mémoire, dans son imagination, dans un ailleurs exotique, dans une femme, dans un parfum, une chevelure…

Pour Platon , il y a deux mondes :

  • Le monde sensible, celui dans lequel nous nous trouvons. Mais nos sens nous trompent et nous empêchent d’accéder à la Vérité
  • Le monde intelligible, celui des idées

Or l’âme humaine, déchue, ne peut plus contempler les Formes Intelligibles que par un acte de remémoration : elle doit saisir dans le sensible quelque chose qui lui rappelle sa condition antérieure pour s’élever à nouveau à cette condition. C’est ce que Platon appelle la « réminiscence ».

La “reine des facultés”

Baudelaire redéfinit la poésie  et pour lui « l’imagination seule contient la poésie » ; elle est « la reine des facultés ».

Mais pour lui, l’imagination n’est pas instinctive, sauvage. Elle est une conscience, le travail de toutes les forces de l’esprit. Elle consiste à composer cet univers qui nous parvient comme incohérent, elle consiste à …ordonner la nature.

La nature est un dictionnaire où le poète puise des mots et forme avec eux de nouvelles phrases porteuses de liaisons que le dictionnaire ne donne pas.

Avec Baudelaire, ce n’est pas le cœur qui recompose, c’est l’esprit. (ce qui le différencie notamment des romantiques). « je veux illuminer les choses avec mon esprit et en projeter le reflet sur les autres esprits »  

L’imagination ordonne la nature selon des règles, des liaisons que seul le poète est capable de voir. Il est un « traducteur », un « déchiffreur de l’universelle analogie ».Il est l’inventeur des métaphores mais les métaphores sont « exactes » ; elles rapprochent ce qui doit être rapproché, elles ont des révélations. Et ce sont les Correspondances

 

« La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers »

 

Les   correspondances jouent sur deux plans :

– Les correspondances horizontales : c’est l’idée que le monde qui nous entoure, malgré son apparent désordre et son chaos, possèderait une profonde unité. Ces correspondances horizontales se traduisent concrètement chez Baudelaire par le mélange des sensations qui semblent se fondre, fusionner entre elles : on parle de synesthésies, cf. le poème

Correspondances : 

« les parfums, les couleurs et les sons se répondent… »

Mais cela est possible parce qu’il y a correspondance du sensible au spirituel.

Les correspondances révèlent le monde comme unité.

Les correspondances verticales : pour Baudelaire, la réalité qui l’entoure est composée de« symboles » que seul le poète peut déchiffrer et qui lui permettent d’entrevoir le monde invisible et immatériel de l’Idéal. Il existerait ainsi une communication secrète entre le monde matériel visible et le monde invisible de L’idéal, ce sont les correspondances verticales. (en quelque sorte vers le monde intelligible)

 

BAUDELAIRE, POETE DE LA MODERNITE

 Baudelaire est le poète de la modernité : « celui-là seul sera le peintre, le vrai peintre, qui saura arracher à la vie actuelle son côté épique ».

La poésie de Baudelaire ne se sépare jamais de l’expérience vécue. Il est avant tout un être de sensualité et la vie seule donne la sensation.

S’il cherche un ailleurs, donc l’évasion ce n’est pas parce que la vie n’a pour lui aucune couleur, aucun son, c’est qu’elle le déçoit parce qu’il en espère énormément. C’est le monde de l’ici et maintenant qui le passionne, qui fait battre son cœur avec violence. Et c’est sans doute pour cela qu’il nous bouleverse encore. Les Fleurs du Mal sont avant tout le livre d’une confession, d’un cœur mis à nu. Et il le dit lui-même : « faut-il vous dire, à vous  qui ne l’avait pas   plus deviné que les autres, que dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion (travestie), toute ma haine ? Il est vrai que j’écrirais le contraire, que je jurerais les grands dieux que c’est un livre d’art pur, de singeries, de jonglerie et je mentirais comme un arracheur de dents… »

Influences

  • Platon et le monde intelligible (Réminiscence)
  • Le XVI° et la Pléiade (Blasons de Marot)
  • Le romantisme (Baudelaire admire Hugo, Lamartine, Vigny…)
  • Le satanisme. Baudelaire remercie le romantisme d’avoir “révélé “le Lucifer latent qui est installé dans tout coeur humain”” (Voir Pessoa)
  • Le romantisme noir (gothique) inspire aussi Baudelaire très marqué par T.Gautier
  • Le Parnasse : L’idée d’un art pour l’art, d’un unique souci de la forme a influencé aussi Baudelaire. Ainsi il écrit “La poésie n’a pas d’autre but qu’elle-même”” Mais il se détachera de cette influence pour aller vers modernité et une certaine forme de réalisme

Baudelaire invente la modernité dans la mesure où il trouve un entre-deux pour associer l’émotion romantique  au souci formel du Parnasse.   

Cette modernité, il la reconnaît dans les oeuvres d’artistes tels que Delacroix, Daumier, Manet, Cézanne et Wagner, dont il est un des premiers à percevoir la nouveauté et le génie.

Dans “Le Peintre de la vie moderne”, Baudelaire formule ainsi son ambition : “dégager de la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique, […] tirer l’éternel du transitoire.”

 

Structure du recueil

C’est la recherche de l’Idéal, qui seul permettra d’échapper au Spleen.

Car tout être porte en lui le désir de bonheur absolu. Mais c’est toujours l’angoisse qui gagne.

Et la structure même du recueil montre ce combat et son échec.

En effet, le recueil est formé de 6 parties :

  • Spleen et Idéal ;
  • Tableaux parisiens (section initialement absente) ;
  • Le Vin ;
  • Fleurs du Mal ;
  • Révolte ;
  • La Mort.
  1. Idéal  

 « Bénédiction »   ouvre le recueil, puis Baudelaire  exprime l’art et l’amour.

a) Le cycle de l’art

De Bénédiction à Hymne à la Beauté.

Vision de la nature selon les correspondances, retour à un paradis qui est celui de l’homme avant la chute  …

b) le cycle de l’amour

De Parfum exotique à Sonnet d’automne .

L’art se mêle à l’amour mais le salut du poète est plus assuré par l’art que par l’amour. Car l’amour ne peut vaincre la mort sans la force de l’art. C’est le thème d’Une Charogne : la beauté mourra et le poète gardera la forme et l’essence divines de ses amours décomposées…

Sur une route, le poète et sa belle découvre un cadavre de femme en putréfaction…

 

 

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,

A cette horrible infection,

Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,

Vous, mon ange et ma passion !

 

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,

Après les derniers sacrements,

Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,

Moisir parmi les ossements.

 

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine

Qui vous mangera de baisers,

Que j’ai gardé la forme et l’essence divine

De mes amours décomposés !

II.   Spleen :

Etouffement humain, horreur d’être soi-même ; complaisance de l’homme envers son propre malheur, évasion impossible…

a) Tableaux parisiens

 La ville est une vaste allégorie du malheur d’être homme :

Le poète va alors chercher des évasions véritables…

« Paris change ! Mais rien dans ma mélancolie

N’a bougé : palais neufs, échafaudages, blocs,

Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,

Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs ».

b) Le Vin

C’est la tentation des paradis artificiels, la volonté de retrouver « cette belle saison, ces heureuses journées, ces délicieuses minutes » qui disent parfois la possibilité du bonheur. Mais après l’ivresse et le songe, il y a le réveil…

C’est alors le cycle du vice. Le plus sombre du livre.

c) Les Fleurs du Mal

Plus de lumières mais seulement les ténèbres du Mal.  La condition humaine apparaît sans voile.C’est par la révolte que le poète   choisit de l’assumer.

d) Révolte

Blasphème, religion travestie, option pour Satan contre Dieu… Tels sont les thèmes de cette partie. Mais la révolte c’est l’exaspération du mal et non sa rémission. Où trouver alors le repos ? Dans la mort…

e) La Mort

La mort n’est plus ici symbole de notre malheur mais plutôt l’espoir de la vie.  La mort pour Baudelaire, c’est l’inconnu et c’est la seule terre vers laquelle le voyageur revenu de tous les voyages peut encore s’embarquer car il est du moins assurer qu’elle sera autre que les terres de son ennui. Ainsi écrit-il à la fin du poème Le Voyage qui clôt le recueil :

« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe   ?

Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ! »

Les Fleurs du Mal expriment le conflit incessant entre l’Idéal et le Spleen. Il y a chez Baudelaire et il le dit lui-même  , “…dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan.  L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre”.

Journaux intimes (1887), Mon coeur mis à nu

La forme : Baudelaire se place du côté d’un certain classicisme formel. L’usage de l’alexandrin et du sonnet reste majoritaire chez lui. Rimbaud reprochera à Baudelaire de n’avoir pas vu que “les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles.”

Baudelaire, Les Fleurs du Mal (Emission France inter)

Le procès des Fleurs du Mal

Les Fleurs du Mal, une oeuvre à scandale…

 Sous le 2° empire (Napoléon III) la censure est active. Le pouvoir veut faire régner un “ordre moral”.

Les réalistes sont accusés de vouloir démoraliser la population en montrant la misère.

Flaubert est poursuivi pour immoralité pour Mme Bovary, édité la même année que les Fleurs du Mal..

Dés la parution des Fleurs du Mal, un critique écrit : “l’odieux y coudoie l’ignoble’.

Un certain nombre de poèmes sont considérés comme “offense à la morale religieuse” et “offense à la morale publique et aux bonnes moeurs”(voir les pièces condamnées)

Pièces condamnées qui doivent être retirées du recueil : Les Bijoux, le Léthé, A celle qui est trop gai, Lesbos, Femmes damnées, Les Métamorphoses du vampire